La grande distribution étouffe les PME françaises
Par futuristiKtrader le jeudi, septembre 4 2008, 18:31 - Sujets d ACTUALITE renouvelable - Lien permanent
Une flopée de produits premiers prix a déboulé dans les rayons ces dernières années. Parallèlement, les marques ont joué sur toutes les formes d'accessibilité pour reprendre la main.
L'accessibilité à tout prix
Dès qu'il est question de produits à bas prix, on pense qu'ils sont de moindre qualité. Même si c'est parfois le cas, l'équation est réductrice. Car elle ne tient pas compte des impératifs stratégiques des intervenants qui veulent couvrir toutes les attentes des consommateurs sans pour autant saccager l'image de leur marque.
Pour éviter l'écueil, multinationales et PME choisissent souvent de proposer une marque par niveau de prix - entrée de gamme, coeur de marché ou premium -, quitte à en gérer plusieurs sur un même secteur. « Une marque d'entrée de gamme reste indispensable si l'on veut proposer une alternative offrant un bon rapport qualité/prix entre marques premium et MDD », rappelle Jean-Renaud Lutt, directeur marketing entretien du linge d'Henkel.
D'autres concentrent leurs investissements sur une marque ombrelle et utilisent toutes les ficelles possibles pour aligner des produits économiques en réponse aux premiers prix sans entacher leur nom ni renoncer à vendre sous la même signature des concepts à forte valeur ajoutée.
Sur de nombreux marchés de l'entretien, les enseignes ont favorisé, ces derniers mois, le développement de leurs propres gammes sur des promesses valorisantes, plutôt que de pousser leurs premiers prix.
Le problème étant que, pour se différencier des marques nationales, certaines d'entre elles ont poussé le jeu jusqu'à l'aberration.
Exemple avec le lancement en cascade de gammes Ecolabel à marques de distributeurs. Pour se démarquer, des enseignes n'ont pas hésité à augmenter le prix de vente des produits écologiques concurrents, au-delà même des préconisations des fabricants. Censée être écologique et économique, la recharge de lessive 2,5 l L'Arbre vert s'est ainsi retrouvée dans les rayons à un prix bien supérieur aux 6,25 E recommandés par Novamex. Du coup, le prix au litre de la recharge a dépassé celui du flacon !
Fort heureusement, la situation s'est s'améliorée et les prix ont été réajustés, les enseignes ayant compris que la différence entre marques propres et nationales peut aussi se faire sur le format ou le parfum. Ce réajustement était essentiel pour Novamex, dont la stratégie repose sur le développement de produits écologiques commercialisés à des prix équivalents à ceux des formules standard. Un pari sur l'avenir que la PME a engagé depuis des années, malgré le surcoût de fabrication généré par le cahier des charges inhérent aux produits Ecolabel. « Quand on a un outil industriel bien adapté et que l'on fait du volume, on peut réduire les coûts et choisir d'avoir des marges raisonnables, pour donner plus de chances au marché de se développer grâce à des produits écologiques aussi abordables que les autres », argumente Géraldine Séjourné, responsable marketing de L'Arbre vert. Si la promesse écologique à prix accessible paraît, à terme, suffisante pour séduire les consommateurs, elle n'empêche pas la marque de miser sur les opérations promotionnelles du type « bons de réduction », tout en mettant en avant sur ses flacons de lessive concentrée le nombre plus élevé de lavages qu'autorise la formule - un avantage qui n'est pas propre à la marque.
Donner un sens à la promotion
De fait, la promotion sous toutes ses formes reste incontournable pour recruter les consommateurs. En 2007, elles ont assuré 18 % des ventes en valeur des produits d'entretien, avec une croissance de quelque 5 %. « Attention, alerte cependant Marina Lerch, directrice marketing de Mapa/Spontex, trop de promotions en fonds de rayon sur les produits à gros volumes peut hypothéquer l'avenir en entraînant le stockage chez les consommateurs. » Réductions immédiates ou différées, opérations girafes, promotions chocs bo-gof (buy one, get one free)... la palette est large, et les clients des grandes surfaces peuvent s'y perdre. D'autant que l'accessibilité se niche aussi dans les premiers prix, voire dans les produits d'entrée de gamme sous promotion. « Notre principal levier pour proposer des produits économiques est la promotion, parfois aussi l'entrée de gamme mais, dans ce cas, nous l'accompagnons toujours d'une promesse un peu valorisante, précise Marina Lerch. Si nous voulons mettre en avant un lot Spontex, ce sera, par exemple, un pack de combinés Stop Graisse qui bénéficient d'un avantage technologique. »
Si les prospectus et têtes de gondole sont les opérations les plus utilisées par Henkel pour sa marque de lessive d'entrée de gamme X-Tra, d'autres outils plus porteurs d'image sont activés. Cet été, le groupe a créé une « perturbation packaging », basée sur un double mécanisme, en partenariat avec les villages de vacances VVF. « Il faut donner un sens à la promotion, affirme Jean-Renaud Lutt. C'est ce que nous avons fait avec cette opération sur X-Tra. » Paradoxalement et alors que leurs prix sont déjà modérés, les marques d'entrée de gamme sont très réactives à la promo, qu'elle soit axée sur le prix ou sur le cadeau. Pour les lessives, 25 % environ des ventes de ces mêmes marques se font ainsi sous promotion. Et les X-Tra, Persil, Bonux ou Gama qui cohabitent sur le créneau des premiers prix assurent 28 % des ventes de lessives en volume.
A contrario, il est des catégories de l'entretien où l'assortiment en premiers prix est marginal. Soit parce que les enseignes de hard-discount disposent d'une offre très large et que les consommateurs s'en satisfont, ce qui n'encourage pas les grandes surfaces alimentaires à développer leurs gammes. Soit parce qu'il s'agit de produits peu onéreux dont la fréquence d'achat est, de surcroît, limitée. Difficile, en effet, de se battre sur un liquide pour la vaisselle vendu entre 1,50 et 2,00 E, dont l'achat n'est pas renouvelé plus de cinq fois par an.
Jouer le prix d'appel
Enfin, il y a ceux dont la tactique est de mettre à portée de bourse des concepts techniquement innovants, dans l'espoir de se faire une place dans les rayons avec un prix d'appel. La lavette microfibre est encore loin d'être un geste courant pour les consommateurs, mais, étant beaucoup plus écologique que l'essuie-tout ou la lingette humide, elle dispose d'un vrai potentiel de développement. La société Rozenblit a repositionné sa gamme Vitnett' autour de cinq références, dont la lavette multiusage proposée à un prix compétitif de 2,90 E. Les produits concurrents à marques de distributeurs sont vendus entre 3,50 et 3,90 E l'unité et à environ 4,90 E pour les lingettes à marque nationale. Reste à savoir si les clients repéreront Vitnett' dans les rayons. « Tout est fait en magasins pour que les produits accessibles et les premiers prix soient peu visibles », regrette Marie-Pierre Sauvé, directrice marketing de Rozenblit. Il n'empêche, selon l'industriel, le repositionnement de Vitnett' en entrée de gamme a permis au fabricant de vendre huit fois plus de lingettes multiusages. « Nous savions qu'il y avait une attente des consommateurs sur la microfibre, car c'est un produit vraiment efficace. En jouant sur la variable prix, nous avons dépassé nos espérances, et la gamme va continuer à s'étoffer. »
Preuve que, même si la croissance des premiers prix s'est tassée, les clients des grandes surfaces sont toujours en quête des bonnes affaires, que ce soit pour des raisons purement économiques ou parce qu'ils sont peu impliqués dans l'achat d'un sac poubelle ou d'un liquide pour faire la vaisselle. D'où l'intérêt de varier les formes d'accessibilité en allant au-delà du prix cassé à répétition. Le prix est un élément prégnant dans l'achat de produits d'entretien pour certains consommateurs, mais il ne peut pas être à lui seul un moteur de croissance pérenne.
C. J.-N. pour LSA nov. 2007
Mon avis:
...Mais non on a rien compris c'était déjà pour le pouvoir d'achat des ménages (en fait repport vers d'autres postes nouveaux ou accessoires), pas au détriment de l'emploi, ni des PME innovantes (les gazelles) de l'économie française !
Il faut avoir les reins solides pour les PME, afin de se redresser face au MDD bien moins chères, pâle copie pour certaines, quand le chiffre d'affaire peine et qu'il faut enjendrer des frais de R&D plus important pour se diversifier...en attendant l'arrivée des MDD.
La copie, cette libre concurrence, n'est pas saine, ni créatrice de valeur génératrice de "point de croissance", et ne stimule pas bénéfiquement les PME vers la R&D, à court et moyen terme.

Commentaires
Si ceux ci ne voulaient pas des MDD, celles-ci n'existeraient pas, tout simplement.
Et si la qualité est inférieure pour un prix moindre, la logique de marché est donc respectée.
Cela arrive aussi pour les services, c'est une parabole bien sûr au niveau du prix, et l'Inde est pourvoilleuses d'emplois. C'est bien pour l'Inde, c'est moins bien pour ceux aui travaille chez Altran...il existe aussi les mêmes conditions pour les équipementiers (automobile et aéronautique...).
La copie ne fait pas progresser la croissance d'un pays.
Le marché ne s'ajuste pas forcément....il suffit de voir la baisse des fréquentations dans les restaurants (reportage actuellement sur Envoyé Spécial) où les gens n'ont plus les moyens d'aller au resto avec femme et enfants...
Les ingénieurs indiens commencent à prendre le travail des ingé français - beaucoup de plateformes off shore se montent....
ex :
Bonjour,
Je travaille au sein d'un cabinet de recrutement anglo-saxon spécialisé sur les métiers du conseil et des systèmes dinformation.
Je suis aujourd'hui mandaté par un de mes clients, une société indienne leader sur le marché de la prestation et du conseil en informatique en offshore, afin de recruter un Test Manager.
Je souhaiterais donc m'entretenir avec vous afin de faire un point sur votre carrière et pour connaître vos souhaits d'évolution professionnelle. Ce sera également l'occasion d'étudier l'adéquation qu'il y a entre vos souhaits d'évolution et les besoins de mon client.
... il s'agit de piloter des ingé indiens en plateformes offshore.... et le tout en Anglais of course.
Le marché a tiré les salaires des indiens vers le haut, plus qu'il n'a tiré ceux des américains vers le bas, ce qui génère ue augmentation moyenne de la richesse et du niveau de vie.
N'oublions pas que les indiens sont AUSSI des consommateurs susceptibles d'acheter des produits étrangers, et c'est bien ce qui se passe avec le développement du commerce international.
Nous ne vivons pas dans un monde statique, manichéen, bipolaire, qui oppose riches et pauvres, exploités et exploitants, capitalistes et ouvriers, dans lequel les structures sont figées et les entreprises doivent être maintenues dans leur activité, coûte que coûte, et à n'importe quel prix, celui de la dictature fiscale pour maintenir en activité des activités déclinantes, des usines qui réalisent des pertes, des canards boiteux sans perspectives d'avenir.
Nous vivons dans un monde ou tout le monde à sa chance, qui veut la saisir, ou le développement technologique va s'accélérant, ou le progrès continue (renouvellement des gammes sur la base de la desctruction compétitive) est de plus en plus rapide, dans une économie de marché au sein de laquelle les créations d'entreprises sont de plus en plus rapides, mais ce qui implique la disparition d'une majorité d'entre elles, seule une minorité des activités devenant rentable à terme.
Le petit travail de bureau tranquille, pépère pour 40 ans avec la maison à côté du bureau est une utopie, l'ère agricole a vécu, à une époque ou l'alimentation ne représente qu'un pourcentage modeste des revenus totaux, et le développement de l'humanité basé sur le sédentarisme qu'implique l'accès à la terre a vécu.
Il serait temps que l'on se remette en cause pour réaliser que l'évolution implique un renouvellement permanent dans tous les domaines, y compris dans celui des entreprises, dont le sort est de disparaitre.
Au lieu de fustiger la grande distribution qui fait crever la population en vendant des produits de merde et qui fait crever les petites entreprises innovantes en copier leur produits, on devrait au contraire se réjouir des énormes services rendus à la population en terme de pouvoir d'achat et de niveau de vie.
Les produits MDD sont souvent de grande qualité, et celui qui n'est pas content peut très bien acheter une marque. La marque est un concept, une image commerciale, pourvoyeuse de qualité, mais elle implique un coût plus élevé, pour justiment compenser les frais de R&D, ou de publicité, ou de choix des composants. Mais que diantre laissons le consommateur décider.
Un produit moins cher dégage du pouvoir d'achat supplémentaire, et les achats réalisés dans une grande surface dégage de la disponibilité temporelle.
Le choix, l'abondance et la qualité des produis n'ont jamais été aussi large, et pendant ce temps leur prix continue de baisser sur le long terme, ce qui est tout bénéfice pour les individus et l'humanité toute entière.
En dernier lieu j'aimerais enfin comprendre le pourquoi de cet emballement émotif autour de l'alimentaire. Prenons l'exemple des nouvelles technologies: la concurrence y fait rage, les produits se succèdent à un rythme effréné, mais personne ne se plaint de cette concurrence là. Google sort son chrome et tout le monde se réjoui, alors qu'il y a déjà une petite dizaine de produits efficace et répandus sur le marché.
Ou encore si la grande distribution se met à vendre des voyages, personne ne se plaint de la concurrence déloyale faite aux agences de voyage. Vous savez-bien la petite agence de quartier qui vend ses voyages en prenant une lourde commission au passage. Ah bon, c'est votre femme qui travaille là-bas? Et bien elle trouvera un autre emploi quand son agence fermera...
"Au lieu de fustiger la grande distribution qui fait crever la population en vendant des produits de merde et qui fait crever les petites entreprises innovantes en copier leur produits, on devrait au contraire se réjouir des énormes services rendus à la population en terme de pouvoir d'achat et de niveau de vie."
En te lisant le monde est tout beau et tout gentil.
Comment expliques tu que certains producteurs soit obligés de vendre à perte alors que le distributeur (cad la grande surface, se fera toujours une marge positive !) Après on s'étonne que les producteurs fassent des AMAC pour vendre directement aux gens.
Et ne parlons pas du gachit en énergie pour acheminer ces denrées alors qu'une production locale permettra d'en économiser.
Le salaire des indiens informaticiens a certes progressé mais est encore loin de ceux des français informaticiens... tant mieux pour eux, mais en attendant, tu fais quoi pour les gens qui perdent leur emploi du fait de la délocalisation (car à force de tout délocaliser, on aura plus rien au niveau local)????!!!! Les français ne consomment plus, et les grandes surfaces voient moins de gens venir à cause du prix du pétrole (vu qu'en général elles sont éloignées des centres villes....). Les gens reviennent vers les boutiques prêt de chez eux.
Et quand on parle de qualité (gustative, nutritive, tous les nutriciens et y compris les clients constatent la différence entre un produit de marque avec des matières premières nobles et les abats/parties moins nobles des produits 1er prix / bas de gamme). Donc de là à dire que ca se vaut.
Le Smicard sera content ? Il pourra économiser 15 E/mois en mangeant des raviolis 1er prix et continuera de rêver à pouvoir s'acheter un voyage à l'étranger....(dont le montant équivaut pour lui environ 1 mois de salaire)
1 français sur 2 ne part pas en vacances.....est ce-vraiment par choix ??
Quand à ceux qui perdent leur emploi pour cause de délocalisation, et bien c'est très bien, cela veut dire qu'ils sont trop qualifiés pour faire ce qu'ils faisaient, ou alors qu'ils peuvent progresser dans une activité à plus haute valeur ajoutée.
Le monde évolue, le monde progresse, évoluons avec lui, et pas contre lui...
Quant aux gens qui ne partent pas aux vacances, c'est un autre débat. Au fait, combiens d'indiens ne partent pas en vacance?
Les grands distributeurs mettent la pression sur les coûts et vu que les denrées sont périssables, ils jouent la montre...Si le gouvernement avait mis en oeuvre son idée de mettre le cout d'achat et la marge sur l'étiquette du prix, on verrait où va la différence ! Dans la poche du distributeur....tu as des marges supérieurs à 40% parfois alors que la marge est en général de 20% dans d'autres secteurs...
Mais bon, tu vois que les intérêts des gros et les petits tu t'en fiches, c'est une façon de voir le monde (manque de pragmatisme pour les petites boites/PME, sous traitant) amha....
Et tout le monde ne roule pas en porsche non plus:
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