Une Allemande est venue déposer sa candidature chez Molex, hier après-midi, à Villemur-sur-Tarn. « Ce n'est pas la peine », souffle l'hôtesse d'accueil. Une heure avant, le groupe américain de connectique automobile a annoncé à ses salariés la fermeture du site, en juin 2009. Avec la suppression de plus de 300 postes : 275 CDI, 22 CDD et 10 intérimaires. Molex prévoit aussi de réduire ses effectifs d'Ettlingen (Allemagne).

 

La crise quoi ?

Malgré les rumeurs alarmistes et insistantes qui couraient depuis plusieurs mois, c'est un coup de massue pour le personnel. « Les gens ont pleuré. Certains pensaient à un plan social pour les plus âgés, mais pas à une fermeture définitive. ça nous est tombé sur la tête », confie Denis Parise, secrétaire CGT du comité d'entreprise. Devant l'usine, lors d'une réunion impromptue, les mots fusent. « Je ressens de la haine, de la colère, de la rage d'avoir été baladée par la direction », crie une jeune femme. Tous parlent d'« écœurement ». « On a fait 640 000 € de bénéfices en 2006-2007, 1,2 million en 2007-2008. Comment peut-on justifier le licenciement économique, alors que nous avons le savoir-faire et la productivité ? », s'étonne Denis Parise. « Il y a quelques mois, on nous a reçus, avec des petits fours, pour nous remercier, nous dire qu'on était les meilleurs du groupe. Les Américains ne pensent qu'au profit », insiste Michel Tourret, délégué CFDT, qui a changé cinq ou six fois d'employeur, en 32 ans d'ancienneté sur le même site. « Molex justifie la fermeture par la crise économique. Mais depuis le rachat, le… 1er avril 2004 à la SNECMA, pour une bouchée de pain, ils n'ont pas investi un kopeck ici. Ils se sont servis de nous pour récupérer nos brevets, un ticket d'entrée chez de gros clients comme Peugeot. Nous avons mis au point des produits qui ont été développés ailleurs, là où ça coûte moins cher, où la concurrence est déloyale. La pression des clients incite à la délocalisation », maugréent Denis Paryse et Thierry Bonhoure, délégué FO. « » En quatre ans, nous avons perdu 65 emplois, le site de Kosice, en Slovaquie, en a gagné 600. ça veut tout dire », glisse Guy Pavan, délégué CGT.

 

La résistance s'organise.

Les employés apprécient assez peu la présence d'un huissier et des gendarmes : « On nous vire, et les bandits, c'est nous ! ». Pas question de violence cependant : « On ne cassera rien ». Pas de grève avant le comité d'entreprise qui lancera la procédure, le 6 novembre. « On va venir chaque jour, on pointera, on rentrera dans les ateliers. Mais on ne va pas travailler, surtout pas produire pour les autres. Plus rien ne sortira d'ici », avancent les délégués syndicaux. « On n'a plus rien à perdre, on a perdu notre emploi. Alors, il faut qu'on arrive à démontrer à la justice que tout était orchestré depuis longtemps », lance Thierry Bonhoure. L'entreprise va fermer 15 jours en décembre : « On sera vigilants, pas question qu'ils emportent les machines ». Les salariés demandent le soutien des élus, « on a besoin de faire monter la pression ». Une réunion publique est prévue mardi, avant une opération ville morte. Pour Villemur, secteur enclavé, où le taux de chômage est le plus fort du département, le coup est rude.

 

Villemur sur Tarn

Molex, 300 emplois, fermeture programmée pour juin 2009. Dans la petite cité de brique rouge qui surveille de haut des bouillons du Tarn, c'est la consternation. Un coup de massue qui touche tout le monde.

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Villemur sur Tarn va subir la crise financiere de plein fouet avec la fermeture de MOLEX

 

Solidarité. Ce ne sera pas un vain mot le jeudi 6 novembre. Car si les habitants, toutes catégories confondues, se disent directement concernés et touchés par la fermeture annoncée de Molex, ils ont décidé de le montrer.

Durant toute la matinée, tous les commerces seront fermés à Villemur-sur-Tarn. Une grande marche est annoncée. Les salariés de Molex partiront de leur entreprise à 9h30 et se rendront en centre ville en franchissant le premier pont. Ils rejoindront la population et les élus. Le cortège repartira ensuite vers Molex, via le deuxième pont. À l'arrivée, un discours sera prononcé.

E.H pour La Depeche

 

La société Américaine a reçu lors de la reprise des montagnes de milliers d'euros, avec des garanties d'aménagements, d'allègement voire de suppression de taxes...pour arriver à vider la l'entreprise de son savoir technique et la délocalisation de l'outil industriel, avant le 5ième anniversaire et l'abandon des aides ...

 

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